Liban: Escalade avec Israël à la veille d'un discours du chef du Hezbollah

Une photo prise depuis le sud du Liban, près de la frontière avec Israël, montre de la fumée s'élevant près du kibboutz israélien de Kfar Giladi, dans le nord d'Israël, le 30 octobre 2023, après des bombardements libanais dans un contexte de tensions transfrontalières croissantes. (Photo, AFP)
Une photo prise depuis le sud du Liban, près de la frontière avec Israël, montre de la fumée s'élevant près du kibboutz israélien de Kfar Giladi, dans le nord d'Israël, le 30 octobre 2023, après des bombardements libanais dans un contexte de tensions transfrontalières croissantes. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 03 novembre 2023

Liban: Escalade avec Israël à la veille d'un discours du chef du Hezbollah

  • Le Hezbollah libanais a annoncé jeudi avoir mené des attaques simultanées sur «19 positions» israéliennes, auxquelles Israël a riposté avec une «vaste frappe»
  • L'armée libanaise a retrouvé les corps de deux bergers, âgés de 20 et 22 ans, tués par des tirs israéliens

BEYROUTH: Le Hezbollah libanais a annoncé jeudi avoir mené des attaques simultanées sur "19 positions" israéliennes, auxquelles Israël a riposté avec une "vaste frappe", qui a fait quatre morts selon l'agence officielle à Beyrouth.

Cette escalade à la frontière libano-israélienne survient à la veille d'un discours très attendu de Hassan Nasrallah, le chef du puissant Hezbollah pro-iranien, allié du Hamas palestinien qui est en guerre contre Israël dans la bande de Gaza.

Dans un communiqué, le Hezbollah a indiqué qu'à 13H30 GMT ses combattants avaient attaqué "au même moment 19 positions et sites militaires sionistes à l'aide de missiles guidés, d'obus" et autres armes.

Il a ajouté qu'en même temps, il avait attaqué une caserne israélienne à l'aide de "deux drones remplis d'une grande quantité d'explosifs" dans la zone frontalière contestée des Fermes de Chebaa.

Plus tard, la branche armée du Hamas au Liban, où sont basés des combattants palestiniens, a déclaré dans un message sur Telegram avoir "frappé avec 12 missiles" la ville de Kyriat Shmona, dans le nord d'Israël, "en réponse aux massacres de l'occupation contre notre peuple à Gaza".

Ces tirs ont fait deux blessés à Kiryat Shmona, selon les services de secours israéliens.

L'armée israélienne a annoncé ensuite avoir mené une "vaste frappe" contre le Hezbollah.

La frappe, à la fois aérienne et d'artillerie, a visé selon un communiqué de l'armée israélienne "des infrastructures et quartiers généraux de combattants ainsi que des infrastructures appartenant à la direction du mouvement terroriste" chiite.

L'Agence nationale d'information (ANI) a indiqué dans un bilan revu à la baisse que quatre personnes avaient été tuées et une autre blessée dans les bombardements israéliens au Liban sud. Le Hezbollah a fait état de son côté de quatre de ses combattants tués dans les frappes.

Plus tôt jeudi, le mouvement chiite avait annoncé avoir abattu au-dessus du territoire libanais un drone israélien à l'aide d'un missile sol-air, pour la deuxième fois depuis dimanche.

Et selon l'ANI, l'armée libanaise a retrouvé les corps de deux bergers, âgés de 20 et 22 ans, tués par des tirs israéliens.

Les deux bergers avaient été portés disparus mercredi alors qu'ils faisaient paître leur troupeau près du village frontalier de Wazzani.

«Pas besoin d'une guerre»

Le chef du Hezbollah prononce vendredi son premier discours depuis le début de la guerre entre le Hamas palestinien et Israël, qui devrait déterminer si sa puissante formation va engager le Liban de plain-pied dans le conflit qui a déjà fait des milliers de morts.

En visite jeudi au Liban, le ministre français des Armées Sébastien Lecornu a estimé que ce pays, déjà plongé dans une grave crise économique et politique, n'avait "pas besoin d'une guerre" avec son voisin israélien, mettant en garde contre un risque d'escalade dans la région.

La force de maintien de la paix de l'ONU au Liban, (Finul) a déclaré de son côté jeudi que, mercredi, "deux projectiles avaient atterri et explosé à 10 mètres" d'une position de maintien de la paix à Beit Lif, dans le sud du Liban, détruisant partiellement un mur et "causant des dégâts mineurs à certains véhicules de la Finul".

La Finul a réitéré sa "grande inquiétude" sur le fait que ses "positions sont touchées lors d'échanges de tirs", indique un communiqué.

Les affrontements à la frontière ont commencé au lendemain de l'attaque sans précédent menée le 7 octobre par le Hamas contre Israël qui a riposté en bombardant sans relâche la bande de Gaza, une guerre qui a fait des milliers de victimes.

Les violences ont fait 70 morts dans le sud du Liban, selon un décompte de l'AFP, dont 52 combattants du Hezbollah pro-iranien et au moins sept civils.

Huit soldats et un civil ont été tuées du côté israélien, selon les autorités.

Israël dit vouloir détruire le Hamas à Gaza, après qu'au moins 1.400 personnes ont été tuées dans le pays selon les autorités depuis le début de la guerre, en majorité des civils le jour de l'attaque du Hamas, d'une ampleur et d'une violence inédites depuis la création d'Israël en 1948.

Dans la bande de Gaza, plus de 9.000 personnes, dont 3.760 enfants, ont été tuées dans les bombardements israéliens, selon un nouveau bilan du Hamas jeudi.


Le prince héritier d'Arabie saoudite félicite le Premier ministre libanais pour la formation du gouvernement

Le prince héritier a souhaité à M. Salam beaucoup de succès dans ses nouvelles fonctions et au peuple libanais davantage de progrès et de prospérité. (SPA/AFP)
Le prince héritier a souhaité à M. Salam beaucoup de succès dans ses nouvelles fonctions et au peuple libanais davantage de progrès et de prospérité. (SPA/AFP)
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  • Le nouveau gouvernement libanais a remporté mercredi un vote de confiance au Parlement, avec le soutien du bloc du Hezbollah
  • Quatre-vingt-quinze législateurs sur 128 ont soutenu le gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam

RIYAD: Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a félicité, par télégramme, le Premier ministre libanais Nawaf Salam pour la formation de son nouveau gouvernement, a indiqué tôt jeudi l'Agence de presse saoudienne (SPA).

Le nouveau gouvernement libanais a remporté mercredi un vote de confiance au Parlement, avec le soutien du bloc du Hezbollah, bien que la déclaration gouvernementale adoptée ait critiqué les armes du groupe.

Quatre-vingt-quinze législateurs sur 128 ont soutenu le gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, un éminent juriste qui a déjà dirigé la Cour internationale de justice. Il a été nommé le mois dernier pour former un nouveau gouvernement après une guerre dévastatrice entre Israël et le Hezbollah, qui a fait plus de 4.000 morts et causé des destructions massives.

Le prince héritier a souhaité à M. Salam beaucoup de succès dans ses nouvelles fonctions et au peuple libanais davantage de progrès et de prospérité.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Joseph Aoun: «Une position arabe unifiée pour faire face aux défis de la région»

Badr ben Hamad al-Busaidi et Joseph Aoun. (X/@badralbusaidi)
Badr ben Hamad al-Busaidi et Joseph Aoun. (X/@badralbusaidi)
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  • M. Aoun a reçu mercredi le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr ben Hamad al-Busaidi, qui était accompagné d'une délégation diplomatique
  • «La présence d'un (front) unifié suffit à renforcer la position arabe et à lui permettre d'influer sur le cours des événements», lui a-t-il dit

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun espère que «le prochain sommet arabe extraordinaire, prévu la semaine prochaine au Caire, aboutirait à une position arabe unifiée pour faire face aux défis actuels de la région, d'autant plus qu'il vise les intérêts communs des pays arabes frères».

M. Aoun a reçu mercredi le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr ben Hamad al-Busaidi, qui était accompagné d'une délégation diplomatique.

Il a déclaré que «face aux développements au Liban-Sud, en Syrie et en Palestine, les défis sont importants et permanents et nécessitent une position arabe unifiée pour y faire face».

Il a ajouté: «La présence d'un (front) unifié suffit à renforcer la position arabe et à lui permettre d'influer sur le cours des événements.»

M. Aoun a remercié Oman pour «l'aide apportée au Liban, y compris les médicaments, le soutien médical, l'organisation de cours de formation et l'offre de bourses universitaires».

Il a également espéré que «la compagnie aérienne omanaise reprendra ses vols vers le Liban dès que possible».

Le ministre omanais a transmis les salutations du sultan Haitham ben Tariq à M. Aoun «à l'occasion de son élection à la tête de la présidence» et a souligné «les relations solides entre le Liban et Oman».

Il a également adressé à M. Aoun «une invitation officielle à se rendre à Oman et à discuter des moyens de développer et d'activer les relations bilatérales dans l'intérêt des deux pays frères».

Al-Busaidi a déclaré: «Cette visite prouve que le sultan fait du Liban une priorité et souligne la solidarité du peuple omanais avec le peuple libanais frère.»

Il a affirmé qu'«Oman envisage d'activer le travail du comité conjoint entre les deux pays, de signer des accords et des mémorandums d'entente, et d'échanger des délégations, en particulier culturelles et économiques».

Pendant ce temps, les sessions de discussion sur la déclaration ministérielle du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam ont repris au Parlement. Les députés devraient accorder un vote de confiance au gouvernement à une majorité significative.

Le député Ibrahim Mneimneh a appelé à «examiner les raisons des pertes et voir qui en a bénéficié. La règle de la responsabilité est la seule norme capable de résoudre la crise».

Le député Ghassan Skaff a déclaré que le gouvernement devait fonctionner comme un «organe fondateur» pendant une période de transition. «Bien que nous comprenions que le mandat du gouvernement ne lui permette pas d'accomplir tout ce qui a été décrit dans sa déclaration ministérielle, il est impératif que nous commencions le voyage difficile qui nous attend», a-t-il ajouté.

Le député Wael Abu Faour a demandé «la levée des immunités, la libération du système judiciaire de l'influence politique, du sectarisme et de la corruption, ainsi qu'une réévaluation du Conseil suprême pour le jugement des présidents et des ministres».

La députée Halima Kaakour a déclaré qu'elle espérait que la déclaration ministérielle ne soit pas «favorable à certains partis et intérêts influents», tandis que le député Adib Abdel Massih espère qu'elle inclura «une vision économique visant à augmenter le PIB».

Hervé Magro, ambassadeur de France au Liban, a fait part à Yassine Jaber, ministre libanais des Finances, de la volonté de son pays d'apporter un soutien technique et politique indéfectible au gouvernement et à son approche des réformes.

Selon le cabinet du ministre des Dinances, M. Magro a discuté avec M. Jaber «des mesures de réforme adoptées par le ministère et des projets de soutien existant entre le ministère et l'Agence française de développement dans le cadre de la préparation du budget 2026».

Le diplomate français a révélé «l'intérêt et l'intention du président français Emmanuel Macron de contribuer à la mise en place d'un fonds de soutien au processus de reconstruction, d'autant plus que le Liban a fait part de sa détermination à faire preuve de transparence dans ses réformes».

Pendant ce temps, des avions de reconnaissance israéliens ont survolé intensivement Beyrouth et sa banlieue tout au long de la journée.

Des frappes aériennes israéliennes ont été menées avant midi sur Jabal al-Rayhan dans le district de Jezzine. Les avions de guerre ont effectué des raids fictifs au-dessus des villages et des villes du district de Tyr et des villages frontaliers.

Mardi soir, des frappes aériennes israéliennes ont visé la ville de Janta dans le district de Baalbeck, «tuant deux personnes et en blessant trois autres», selon le ministère de la Santé.

Les victimes voyageaient dans un véhicule de transport à Chaara, dans la région de Janta, lorsqu'elles ont été visées par un drone israélien. Il s'agit d'une zone frontalière où les passages illégaux sont nombreux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: le Parlement vote la confiance au nouveau gouvernement

Cette photo diffusée par la présidence libanaise montre le Premier ministre désigné Nawaf Salam s'adressant à la presse au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 8 février 2025. (AFP)
Cette photo diffusée par la présidence libanaise montre le Premier ministre désigné Nawaf Salam s'adressant à la presse au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 8 février 2025. (AFP)
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  • Le Parlement libanais a voté mercredi la confiance  au nouveau gouvernement dirigé par Nawaf Salam, qui devra mettre en oeuvre des réformes économiques et reconstruire le pays dévasté par la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, affaibli
  • Le Hezbollah, qui a longtemps dominé sans partage la scène politique libanaise y a été isolé après les revers que lui a infligés Israël

BEYROUTH: Le Parlement libanais a voté mercredi la confiance  au nouveau gouvernement dirigé par Nawaf Salam, qui devra mettre en oeuvre des réformes économiques et reconstruire le pays dévasté par la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, affaibli.

M. Salam a été chargé à la mi-janvier de former le gouvernement, après l'élection à la tête de l'Etat de Joseph Aoun, candidat favori de Washington et Ryad, permise par un changement dans le rapport de force interne.

Le Hezbollah, qui a longtemps dominé sans partage la scène politique libanaise y a été isolé après les revers que lui a infligés Israël - qui a détruit une grande partie de son arsenal et tué nombre de ses dirigeants - et la chute de son allié Bachar al-Assad en Syrie voisine.

Après deux longues sessions, 95 députés ont voté la confiance au gouvernement, 12 ont voté contre et quatre se sont abstenus, selon les résultats annoncés mercredi soir par le président du Parlement Nabih Berri.

La plupart des blocs parlementaires, dont le Hezbollah qui n'avait pas désigné M. Salam, ont voté la confiance.

Dans sa déclaration ministérielle mardi, M. Salam a promis de garantir à l'Etat le "monopole" des armes, et d'adopter une politique de neutralité, à distance des axes régionaux.

Mercredi, il a indiqué que la priorité de son gouvernement serait d'oeuvrer à "un retrait israélien total des territoires libanais".

L'accord de cessez-le-feu qui a mis fin le 29 novembre au conflit entre Israël et le mouvement chiite soutenu par Téhéran, stipule qu'Israël doit retirer ses troupes du sud du pays, le Hezbollah devant pour sa part s'éloigner de la frontière israélienne et démanteler ses infrastructures militaires.

Mais après la date butoir prévu par l'accord, Israël s'est maintenu dans cinq positions stratégiques à la frontière.

Le nouveau gouvernement s'est engagé à renforcer la souveraineté de l'État sur l'ensemble du territoire "uniquement avec ses propres forces" en vertu de l'accord de cessez-le-feu.

Formé début février, après plus de deux ans de gouvernance intérimaire, le nouveau cabinet est confronté à des défis de taille, dont la reconstruction de vastes pans du pays dévasté par la guerre avec Israël.

Il devra également lutter contre la corruption endémique dans le pays, un préalable à l'octroi d'aides financières internationales.

M. Salam a affirmé mercredi que son gouvernement mettra en place "un plan global pour la relance économique et financière" et "entamera de nouvelles négociations avec le Fonds monétaire international".