A Gaza, les corps s'empilent

Un jeune Palestinien est étendu sur une civière après avoir été enlevé des décombres d'un bâtiment à la suite d'une frappe aérienne israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 16 octobre 2023 (Photo de SAID KHATIB / AFP).
Un jeune Palestinien est étendu sur une civière après avoir été enlevé des décombres d'un bâtiment à la suite d'une frappe aérienne israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 16 octobre 2023 (Photo de SAID KHATIB / AFP).
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Publié le Lundi 16 octobre 2023

A Gaza, les corps s'empilent

  • En représailles à l'attaque sanglante de commandos du Hamas lancée sur le sol israélien le 7 octobre, l'armée pilonne sans relâche la bande de Gaza, placée en état de siège complet depuis le 9 octobre
  • Dans la ville de Gaza, désertée à cause des violents bombardements et l'appel lancé par Israël aux habitants à évacuer le nord du territoire, des dépouilles n'ont pas été réclamées

GAZA: Dans le sud de la bande de Gaza, on creuse des tombes. Ailleurs, on place des corps dans les camions de vendeurs de glaces ou on prépare une fosse commune. Partout dans le micro-territoire palestinien pilonné par l'armée israélienne, les corps s'entassent.

En représailles à l'attaque sanglante de commandos du Hamas lancée sur le sol israélien le 7 octobre, l'armée pilonne sans relâche la bande de Gaza, placée en état de siège complet depuis le 9 octobre.

Cette guerre, déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas, qui continue de tirer des roquettes sur le territoire israélien, a fait plus de 1 400 morts en Israël et au moins 2 750 dans la bande de Gaza, où vivent 2,4 millions de personnes sur 362 km2.

Dans le centre de la bande de Gaza, sur le parking de l'hôpital de Deir el-Balah, un camion blanc qui transportait jusqu'à peu des crèmes glacées a été recyclé pour faire face à l'afflux de corps.

Sur l'une des portes du véhicule réfrigéré, la photographie d'une fillette qui se délecte d'un cône glacé. Sur une autre, une sélection de glaces dont on promet qu'elles seront "croquantes". A l'intérieur, des corps emmaillotés dans des linceuls improvisés, pressés les uns contre les autres.

"A l'aube (dimanche), deux obus sont tombés sur la maison. Seize personnes étaient dans la maison, dont huit enfants qui dormaient paisiblement", raconte Talaat Abou Lashine, un membre de la famille.

Dans la ville de Gaza, désertée à cause des violents bombardements et l'appel lancé par Israël aux habitants à évacuer le nord du territoire, des dépouilles n'ont pas été réclamées.

"Vu le grand nombre de (corps de) martyrs à l'intérieur des morgues de l'hôpital al-Shifa qui n'ont pas été récupérés par leurs proches, la détérioration des dépouilles et l'arrivée continue de martyrs par dizaines (...), une fosse commune a été préparée pour enterrer environ 100 martyrs", a annoncé le chef du bureau médias du gouvernement Hamas, Salama Marouf.

Nombreux enfants 

"Chaque histoire qui sort de Gaza est celle d'une survie, d'un désespoir et d'une perte", a regretté dimanche le chef de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), Philippe Lazzarini, faisant état d'un début de pénurie de sacs mortuaires dans le territoire palestinien.

"Parfois nous n'avons pas le temps d'écrire les noms" des dépouilles tant elles sont nombreuses, se désole Ihsan Al-Natour, qui travaille dans un cimetière de Rafah (sud).

"Il y a beaucoup d'enfants parmi les martyrs", ajoute-t-il. "On en met trois ou quatre par tombe".

La tradition musulmane exige une inhumation la plus rapide possible.

Le ministère des Affaires religieuses à Gaza a estimé qu'il était "nécessaire" d'enterrer rapidement les défunts et qu'en raison du nombre de morts et de la rareté des tombes, il était conseillé de rassembler plusieurs corps.

A Rafah, dans le sud où se sont réfugiés des habitants du nord du territoire craignant une offensive terrestre de l'armée israélienne, des résidents ont creusé à l'avance, les uns à côté des autres, des trous dans le sable, placé des briques et des dalles autour et à l'intérieur, pour recevoir des dépouilles.

Dans un trou, trois dépouilles d'enfants ont été empilées, faute de pouvoir les mettre ailleurs.

Le Hamas a estimé lundi que 1 000 corps étaient coincés sous les décombres, mettant en garde contre "une catastrophe humanitaire" et la propagation de maladies.


Le prince héritier saoudien s'entretient avec le président iranien 

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  • Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian
  • Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian, a rapporté tôt vendredi l'Agence de presse saoudienne.
Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région et ont passé en revue plusieurs questions d'intérêt commun.


L'Arabie saoudite condamne l'escalade militaire israélienne et l'attaque contre un centre culturel à Gaza

L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
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  • L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien
  • Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag

RIYADH : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a condamné jeudi la poursuite de l'escalade militaire israélienne dans les territoires palestiniens occupés, y compris les frappes sur les abris pour les civils déplacés à Gaza.

Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag, à l'est de Rafah. Cet entrepôt contenait des fournitures médicales destinées aux patients et aux blessés de Gaza.

Le ministère a déclaré que l'absence de mécanismes internationaux efficaces de responsabilisation a permis aux forces israéliennes de persister dans leurs violations du droit international et des principes humanitaires. Il a averti que l'impunité persistante contribue à l'intensification de la violence et constitue une menace pour la stabilité régionale et mondiale.

L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien.


L'armée israélienne intensifie ses opérations à Gaza, 30 morts selon les secours

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
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  • Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza
  • Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban

GAZA: L'armée israélienne a lancé une nouvelle offensive au sol vendredi à Gaza-Ville, intensifiant ses opérations dans le territoire palestinien qui ont fait au moins 30 morts, selon la Défense civile.

Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza.

Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban.

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte.

"Les soldats y ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas", a-t-elle dit, ajoutant que les soldats "autorisaient l'évacuation des civils de la zone de combat".

A Choujaïya, la Palestinienne Elena Helles raconte à l'AFP qu'elle ne peut sortir de sa maison, comme de nombreux habitants.

"Nous sommes coincés avec ma famille chez ma soeur. L'armée d'occupation est très proche de nous. Les obus et les missiles tombent sur les maisons et les tentes (de déplacés). La mort nous menace de toutes parts", dit-elle.

Selon la Défense civile locale, au moins 30 Palestiniens ont été tués dans les opérations israéliennes dans la bande de Gaza. Une source hospitalière a fait état de 25 morts dans une frappe sur une habitation de Khan Younès (sud).

"Arrêtez, ça suffit!" 

"C'était comme le Jour du Jugement dernier: ils ont bombardé avec des missiles, tout est devenu sombre, nous avons commencé à chercher nos enfants et nos biens, mais tout a disparu. Nos enfants ont disparu", Raghda al-Sharafa, en pleurant, au lendemain d'une frappe israélienne contre une école où étaient réfugiés des déplacés à Gaza-ville: "Arrêtez, ça suffit!"

La quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés par les combats et vivent dans des conditions très dures, Israël bloquant l'entrée de l'aide humanitaire dans le territoire dévasté et assiégé.

Après deux mois de trêve à Gaza et plusieurs semaines de tractations infructueuses sur la façon de la prolonger, Israël a repris le 18 mars ses bombardements aériens suivis d'opérations terrestres dans le territoire.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas infiltrés dans le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza voisine où le mouvement islamiste a pris le pouvoir en 2007.

L'attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée.

Israël a juré de détruire le Hamas, et mené en représailles une offensive dévastatrice à Gaza qui a fait au moins 50.609 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

Selon ce ministère, au moins 1.249 Palestiniens ont été tués depuis la reprise des bombardements intenses israéliens le 18 mars dernier.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas pour qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré M. Netanyahu mercredi.

Frappes au Liban et en Syrie 

Au Liban, l'armée israélienne a annoncé vendredi avoir tué dans une frappe à Saïda Hassan Farhat, un "commandant" du Hamas qui "a orchestré de nombreuses attaques terroristes contre des civils et soldats israéliens".

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont confirmé dans un communiqué la mort de Hassan Farhat, et de son fils, également membre des Brigades. La fille de Hassan Farhat a également péri, selon elles.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé "une agression flagrante contre la souveraineté libanaise" et une "claire violation" de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre entre Israël et le Hezbollah libanais, un allié du Hamas.

En Syrie, l'armée israélienne a aussi intensifié ses frappes meurtrières ces derniers jours et mené une incursion terrestre dans la sud du territoire syrien. Elle a y visé notamment des bases et un aéroport militaires.

Les autorités syriennes ont dénoncé "une tentative préméditée de déstabiliser" le pays.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.